Conférences de culture générale 2021-2022

Premier semestre

Toutes les conférences ont lieu en salle Simone-Veil (salle des conférences)

Au premier semestre, la Faculté de droit aura l’honneur d’accueillir les quatre conférenciers suivants :

 

MERCREDI 13 OCTOBRE - 13H À 15H

Afrique des Grands Lacs - La théorie du double génocide, déni ou négationnisme ?

  • Patrick de Saint Exupéry - Journaliste et écrivain
  • Il a été grand reporter pendant 20 ans au Figaro, avant de co-fonder la revue XXI. Il a été au Rwanda en 1990, puis en 1993 et 1994 pendant le génocide, comme reporter. En 2004, après dix années d’enquête, il publie L’inavouable, la France au Rwanda, éd. Les arènes, 2004 puis en mars 2021 La Traversée, Une odyssée au cœur de l'Afrique, éd. Les arènes.

     

En 1994, il s’est déroulé un génocide au Rwanda, celui des Tutsi, le dernier du XXI siècle reconnu par l’Onu. Dans les années de l’après-génocide, une théorie a émergé qui voudrait qu’il y ait eu non pas un mais deux génocides, un double génocide donc. D’abord appliquée au Rwanda - où les extrémistes Hutu affirmèrent avoir été eux aussi victimes d’une volonté d’extermination -, cette théorie ne prospèrera véritablement qu’à la faveur de la guerre qui débordera deux ans plus tard sur la République Démocratique du Congo (RDC). Là, dans Le coeur des ténèbres de Joseph Conrad, se serait produit un nouveau génocide martèleront avec de plus en plus de convictions experts et responsables politiques qui multiplieront les effets d’annonce en parlant de plus de six millions de morts ignorés par la communauté internationale. Quelle réalité derrière ce chiffre effarant? Pourquoi un tel acharnement à donner corps à une théorie fallacieuse? Que s’est-il passé en 1994 qu’il faille occulter à tout prix? Du déni au négationnisme, la marge est étroite.

 

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LUNDI 25 OCTOBRE - 11H À 13H

La notion critique de race : usages par les sciences sociales et apports à l’analyse du racisme

  • Sarah Mazouz - Chargée de recherche au CNRS. Ses travaux s’appuient sur des enquêtes ethnographiques et mobilisent les critical race studies, la sociologie du droit, la sociologie des politiques publiques et l’anthropologie critique de la morale. Elle est notamment l’autrice de Race (« Le mot est faible », Anamosa, 2020) et de Pour l’intersectionnalité (avec Éléonore Lépinard, Anamosa, 2021).

En s’appuyant les travaux critiques de la race, il s’agira de monter comment cette notion  permet de désigner et par là même de déjouer les actualisations contemporaines de l’assignation raciale. L’idéologie raciste désigne une pluralité de races qu’elle classe et hiérarchise en les rapportant à des différences phénotypiques qu’elle naturalise. Parler de race de manière critique se fait au contraire au singulier parce qu’il s’agit de désigner un principe de hiérarchisation socialement construit. L’enjeu sera donc de montrer montre qu’utiliser la notion critique de race sert à décrire les mécanismes de hiérarchisation à l’œuvre dans une société donnée et en aucun cas d’adhérer aux catégories que ces mécanismes produisent. En d’autres termes, l’usage critique de la notion de race sert à combattre le racisme.

 

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• LUNDI 15 NOVEMBRE - 14H À 16H

Le siècle de la traduction

  • Tiphaine Samoyault - Professeur en littérature comparée à l'Université Sorbonne Nouvelle, critique littéraire et romancière. Elle est récemment publié au Seuil Bête de cirque (2013), Roland Barthes (2016) et Traduction et violence (2020).

C'est à la fin du XXe siècle qu'on est entré dans un âge de la traduction, quand celle-ci est devenue un lieu de pensée traversant l'ensemble des disciplines et un outil essentiel pour réinventer le politique. Mais c'est bien le XXIe siècle qui se présente comme le siècle de la traduction avec les développements de l'intelligence artificielle et l'augmentation quantitative absolument inédite des flux de traductions (plus de 4 milliards de traductions par jour sur Facebook, pour ne prendre qu'un seul exemple). Ces traductions, le plus souvent invisibles, modifient en profondeur le système des langues et des relations entre elles. La conférence présentera certains des enjeux de cette mutation.

 

MERCREDI 1ER DÉCEMBRE - 10H À 12H

Philosophie de terrain et défense des droits

  • Christiane Vollaire - Philosophe, chercheure associée au Centre de Recherche sur le Travail et le Développement du CNAM, membre du programme Non-lieux de l’exil (Institut Convergences Migrations, EHESS). Elle a publié notamment Pour une philosophie de terrain, ed. Créaphis, 2017 et Un archipel des solidarités. Grèce 2017-2020 (en collaboration avec le photographe Philippe Bazin), éditions Loco, 2020.

Une part de la philosophie contemporaine prend en compte le rapport au terrain et travaille, pour cela, à partir d’entretiens. Elle tisse aussi des liens avec les sciences sociales, l’histoire, la géographie, le droit. À partir d’un travail de philosophie de terrain, mené en Pologne, en Égypte, au Chili, en Turquie, en Bulgarie, en Grèce et actuellement en France, on peut montrer les engagements de cette discipline sur la question des migrations, du droit au logement ou de la résistance aux processus de globalisation.

 

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Second semestre

Toutes les conférences ont lieu en salle Simone-Veil (salle des conférences)

Au premier semestre, la Faculté de droit aura l’honneur d’accueillir les quatre conférenciers suivants :

 

Mardi 1er février 2022 de 11h à 13h 

Le droit antisémite de Vichy et le rôle des juristes dans la légitimation d'une législation d'exception

  • Danièle Lochak, Professeure émérite de l’Université de Paris-Nanterre

Vichy a organisé méthodiquement la mise à l’écart et la spoliation des Juifs. De sorte que, privés de leurs droits, dépossédés de leurs biens, ils se retrouveront sans défense lorsque l’heure de la déportation aura sonné. La masse de textes ayant trait au statut des Juifs a débouché sur la constitution d’un véritable « droit antisémite » qui s’est trouvé consacré comme discipline à part entière, avec ses spécialistes et ses commentateurs.

Il est frappant de constater la facilité avec laquelle les juristes français se sont acclimatés aux dispositifs et aux concepts de l’antisémitisme légal, concourant ainsi à banaliser le droit antisémite et à renforcer la légitimité de lois qui proposaient une vision du monde fondée sur le partage de la société en deux « races » distinctes et inégales : les juifs et les aryens.

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Mercredi 16 février 2022 de 14h à 16h

Est-il absurde d’être complotiste ? Éléments de réflexion sur une notion confuse

  • Blaise Bachofen, Maître de conférences en philosophie à CY Cergy Paris Université

Le terme « complotisme » apparaît en français à la fin du XXe siècle. L’invention d’un mot nouveau est toujours l’indice de l'émergence d’une réalité nouvelle. Mais quelle est cette réalité ? Le complotisme est-il devenu le péril mortel qui menace nos sociétés à la fois sur-informées et mal informées, travaillées par des inquiétudes irrationnelles ? Le phénomène n’est en fait pas si nouveau. Des théories du complot existent au moins depuis le XVIIe siècle. Par ailleurs, l’instrumentalisation de ce terme pour discréditer certaines positions critiques légitimes invite à en faire un usage prudent. Car il existe effectivement dans toute société des conspirations et des ententes secrètes. Comment faire la différence entre un usage raisonnable de l’esprit critique et des « explications » simplistes, délirantes ou malveillantes de la complexité du réel ? 

 

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Vendredi 11 mars 2022 de 11 h à 13h

Appréhender le monde par le jazz, ses filles et ses cousines, ou bien l'inverse

  • Jean Rochard, Producteur de disque, fondateur de la maison de disque Nato

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Vendredi 25 mars 2022 de 11 h à 13h

Qu’est-ce que le laid ?

  • Rémy Astruc, Professeur de littérature comparé à CY Cergy Paris Université

On connaît assez bien désormais les principes du jugement esthétique qui construisent ce qu’une société appelle « beau ». On s’est traditionnellement moins intéressé cependant aux mécanismes qui conduisent à trouver laid ou laide une personne, une oeuvre, un paysage. Cette conférence sera l’occasion de mettre en place une petite introduction à l’anthropologie esthétique de la laideur, que l’on illustrera par des images et des textes déplaisants ou horribles. Car c’est aussi un plaisir réel que de se confronter à ces marginalités du goût commun… pour le faire sien ou le repousser.

 

Lundi 28 mars 2022 de 10h30 à 12h30

Violences de sortie de guerre et troubles dans la nationalité : les conséquences métropolitaines de l’indépendance algérienne (1961-1963)

  • Emmanuel Blanchard, Maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Versailles-St-Quentin et à l’IEP de Saint-Germain-en-Laye

 

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