Témoignages

Témoignage de M. François MUTA

Avocat au barreau de Rouen, ancien étudiant du Master 2 Droit des contentieux publics (2016)

Retrouvez ci-dessous le témoignage de M. François MUTA, recueilli par Mme Justine Gérin et Mme Maeva Rakotovao du Master 2 Droit des contentieux publics CY

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Bonjour et merci d’avoir accepté cette interview pour le deuxième numéro de la lettre des Master 2 de droit public de CY Cergy Paris Université. Parlez-nous d’abord de votre parcours universitaire. Pourquoi le droit public? Et pourquoi le Master 2 Droit des contentieux publics de Cergy ?

François Muta : J’ai fait ma licence de droit à l’Université de Rouen. Puis, j’ai poursuivi avec un Master 1 Droit public à l’Université de Nanterre. Enfin, j’ai terminé mon cursus universitaire par le Master 2 Droit des contentieux publics de Cergy.

 

• Pourquoi le droit public ?

François Muta : J’avais apprécié les cours de droit administratif en 2ème année et c’est grâce à cette matière que j’ai pu être admis dans l’année supérieure. Au moment de m’orienter en Master 1, il fallait opter pour le droit public ou le droit privé. J’ai choisi le droit public avec des matières de droit international.

 

• Pourquoi le Master 2 Droit des contentieux publics de Cergy ?

François Muta : Je ne connaissais pas du tout Cergy-Pontoise avant d’être admis dans le master puisque, bien qu’étant une faculté d’Île-de-France, elle est moins connue que d’autres. J’avais particulièrement apprécié le cours de contentieux administratif de master 1 et j’ai poursuivi sur cette voie. J’ai postulé dans les masters «Contentieux publics» et j’ai choisi le master de Cergy-Pontoise car je souhaitais rester en région parisienne. L’avantage de l’université de Cergy-Pontoise c’est qu’elle facilite les projets étudiants. Par exemple, nous avions monté une équipe pour participer au concours CASSIN de défense des droits de l’homme. L’administration nous a permis d’être présents aux demi-finales.

Après le Master 2, j’ai travaillé comme contractuel au bureau du contentieux administratif du ministère de la Justice pendant un peu moins d’un an. J’ai ensuite passé l’examen du CRFPA. Je ne l’ai pas fait juste après le M2 car j’avais un projet personnel en tête. Pour préparer l’examen, j’ai suivi une prépa privée semestrielle. J’ai révisé de manière intensive l’été précédent l’examen que j’ai passé à l’IEJ de Cergy. L’examen du CRFPA est une course de fond puisque les épreuves s’étendent sur 2 mois. À mon avis, il faut commencer par bouquiner des ouvrages de culture juridique dans l’année avant de réviser plus intensément à quelques mois de l’examen.

 

Vous êtes aujourd’hui avocat au barreau de Rouen. Racontez-nous un peu les ressorts de votre profession.

François Muta : J’ai prêté serment en novembre 2019 à Rouen et je suis depuis collaborateur dans un cabinet plutôt généraliste. Aujourd’hui, j’interviens dans les domaines judiciaire et public. Je ne fais quasiment que du contentieux. J’apprends beaucoup en droit privé car je dois acquérir des réflexes. Je traitais il y a quelques mois des contentieux sociaux du côté des caisses et des institutionnels. À terme, j’aimerais ne pratiquer que le droit public. Ce métier me plait beaucoup même si cela reste un métier difficile. Le texte dit que l’avocat est un auxiliaire de justice, il doit être le passeur entre le justiciable (le client) et le tribunal. Le jour de ma prestation de serment, le président m’a rappelé que le principe d’humanité était essentiel à l’avocat. Pour moi, la qualité la plus importante pour être avocat est d’être attaché à la liberté.

 

Le Covid a impacté énormément de professions. Est-ce que cela a été le cas pour vous en tant qu’avocat et dans quelle mesure ?

François Muta : Certes, lors du premier confinement, toutes les audiences ont été suspendues. L’activité a donc été très ralentie. Mais à part les règles de distance, cela n’a pas changé la relation avec les clients, ni ma manière d’exercer.

 

• Le Master 2 Droit des contentieux publics est désormais une formation qui peut être suivie en alternance. Quel est selon vous l’apport de l’alternance?

François Muta Je trouve que c’est une très bonne idée car cela permet d’allier la théorie et la pratique. C’était déjà un peu le cas avant avec le séminaire de pratique du contentieux administratif où l’on travaillait sur des notes de rapporteur. Tout le problème du droit est que l’on a des difficultés à savoir comment il s’applique concrètement lors de nos études. Je donne des TD en droit administratif depuis cette année à des étudiants de L2 et je le constate. L’alternance permet justement de savoir concrètement comme le droit s’applique.

 

• Vous avez une expérience d’entrepreneur. Racontez-nous un petit peu.

François Muta : J’ai créé un bar à huitres à Paris avec des amis qui a ouvert en juin 2016 à la fin du M2. Nous voulions avoir une expérience concrète d’entreprise et faire quelque chose quinous plaisait. Et il se trouve qu’ouvrir des bouteilles de vin et servir des huitres, on savait le faire (Rires). C’était un projet qui s’est rapidement concrétisé et que nous avons lancé sans trop réfléchir. Le bar existe toujours aujourd’hui mais je ne suis plus associé. Cela a été une belle expérience qui m’a permis de prendre conscience de ce qu’impliquait la gestion d’une entreprise. Il ne faut pas oublier que l’avocat, qu’il soit collaborateur ou associé, gère aussi une entreprise. Il est difficile de quantifier et de déterminer l’apport de cette expérience dans ma pratique quotidienne. Il existe certainement et se traduit plus en termes de savoir-être que de savoir-faire.

 

• Vous avez fait partie de la promotion qui a fondé l’association du M2, association que nous avons relancée cette année. Vous étiez d’ailleurs membre du bureau puisque vous étiez responsable réseaux. Qu’est-ce qui vous a motivé à créer l’association?

François Muta Si l’on a créé cette association, c’est que nous voulions donner de la visibilité au master. Malheureusement, par manque de temps et de motivation de notre part, nous n’avons pas réussi à le faire. Votre idée de reprendre l’association est une très bonne idée.

 

• Dernière question et pas des moindres : vous mettez le lait avant ou après avoir mis les céréales ?

François Muta Je ne prends pas de céréales au petit déjeuner (Rires). Pour ma part, je mettrais le lait avant de mettre les céréales mais je crois que ce n’est pas la bonne réponse ! (Visages choqués de Justine et Maeva).

 

La Faculté de droit CY Cergy Paris Université remercie chaleureusement M. François MUTA pour sa disponibilité ainsi que Justine Gérin et Maeva Rakotovao pour la réalisation de ce témoignage.

 


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