Témoignages

Témoignage de Mme LEBRETON

Ancienne étudiante du master 2 DCTPP (2018)

Retrouvez ci-dessous le témoignage de Mme Morgane LEBRETON, recueilli par Mme Olivia Mutiganda et M. Valentin Marguerie - Master 2 Droit des collectivités territoriales et politiques publiques.

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Merci de nous accorder cet entretien. Pourriez-vous nous raconter votre parcours, de votre entrée à la faculté de Droit de Cergy jusqu’à aujourd’hui ? Nous avons cru comprendre que vous n’étiez plus à la ville de Paris.

Morgane Lebreton Oui exact. J’ai eu un parcours typique, je suis sortie du lycée, je suis allée à la fac de mon secteur, l’Université de Cergy, j’ai obtenu ma licence et mon Master à Cergy, fidèle au poste, et j’ai opté pour une formation de publiciste. Ce que je trouvais bien, dans cette université, c’était la possibilité de pouvoir se spécialiser dès la L3. Dans les cours de Droit public, on était en petit comité, contrairement aux privatistes. Les cours étaient presque des cours particuliers alors que l’on se retrouvait en amphi. C’était pareil en Master 1. Ensuite, à la Journée des portes ouvertes, je suis allée voir Mme Janicot et Mme Ferreira, après la présentation, je me suis dit «pourquoi pas? Ça pourrait être pas mal !». L’alternance m’attirait énormément. J’ai donc suivi le Master 2 Droit des Collectivités Territoriales et Politiques Publiques en 2018 et j’ai fait mon alternance à la Ville de Paris dans le service achats où j’ai été embauchée en tant que contractuelle pour deux années supplémentaires et je serai prochainement au Département des Hauts-de-Seine. Parallèlement, l’année de mon Master, l’ancien président de l’Association, Bruno Gauthier, nous avait proposé de rejoindre l’Association des anciens du Master. Je le suis encore et aujourd’hui encore, c’est une belle aventure, ça me permet de garder des liens avec la fac et vous. Donc oui, je peux dire que c’était une année intense mais riche, entre les cours, l’alternance et le mémoire, c’était un vrai travail de fond. Je suis un peu nostalgique de cette époque surtout quand je recroise d’anciens enseignants et camarades.

 

• Que peut apporter l’Association aux étudiants que nous sommes - mais aussi aux futurs étudiants du M2 DCTPP. Et que pourrions-nous apporter, nous étudiants, à l’Association ?

Morgane Lebreton Le but de l’association est de faire le lien entre les anciennes promotions et la promotion actuelle et donc de créer un réseau, de se nourrir des expériences des anciens et des nouveaux arrivés. L’Association propose, en collaboration avec les co-directrices et quelquefois à leur initiative, des évènements même si cette année, il a été difficile d’en organiser. Il s’agit aussi de donner de la visibilité au Master. Nous avions mis le Master sur les réseaux sociaux, tel que Facebook, Linkedln, Instagram. Aujourd’hui, vous essayez de donner un nouvel élan au Master 2 avec cette Lettre. Les étudiants s’investissent, ont envie de garder ce lien et de donner de la visibilité au Master qui est une formation d’excellence et d’attirer des étudiants dans cette formation qui prépare à de nombreux concours.

 

• Toujours sur l’association. Eu égard à la situation sanitaire, beaucoup d’évènements ont été annulés. Est-ce que vous avez des idées sur la forme que pourraient prendre de nouveaux évènements dans ce contexte, pour conserver un lien entre nouveaux et anciens ?

Morgane Lebreton Je pensais, à vrai dire, que l’on pourrait reprendre un petit peu dès septembre, mais c’est très compliqué. On pensait à des conférences via zoom mais c’est vraiment compliqué d’échanger, cela reste très impersonnel, mais il faut y réfléchir, parce que la vie continue et que vous êtes là et que le lien doit perdurer.

 

• Nous voudrions revenir sur l’alternance. Avez-vous eu des surprises de manière générale ? Quelque chose que vous aviez fait à laquelle vous ne vous attendiez pas ? Que vous avez aimé sans vous y attendre ?

Morgane Lebreton : Durant mon alternance à la Ville de Paris, en Marchés publics, j’ai été très vite intégrée dans une équipe comme si je n’étais pas forcément apprentie. Je gérais mes dossiers; cela m’a fait un peu peur au début, je n’étais là que trois jours dans la semaine, j’ai commencé à comprendre ce qu’était la pression au travail. Mais c’était bien car cette expérience m’a fait grandir très vite. Par ailleurs, là où j’ai fait mon apprentissage, le service était très formateur, un apprenti, c’est potentiellement quelqu’un qu’on va pouvoir recruter et donc, le but, c’est qu’il soit bien formé. C’était très rassurant.

 

• La gestion du temps est-elle importante ? Quel conseil pourriez-vous donner aux futurs étudiants alternants ?

Morgane Lebreton C’est exactement ça ! Il faut savoir jongler entre le travail, les cours, les devoirs et le mémoire. Au début on a tendance à se laisser déborder, à avoir peur, mais tout est une histoire d’organisation et de gestion du temps. C’est une gymnastique difficile mais très intéressante. Il est important de travailler le week-end pour être serein la semaine. J’avais aussi un cahier d’apprentissage où j’écrivais tout, ce qui me permettait de m’y reporter quand j’avais un doute sur quelque chose. C’était rassurant. Je vous conseille également de travailler en groupe, pour vous soutenir.

 

• Que retenez-vous de l’expérience professionnelle à la Ville de Paris après votre apprentissage ?

Morgane Lebreton Compliquée ! J’ai été recrutée sur le poste sur lequel j’ai été formée, je suis devenue adjointe de mon service (Achats). Cela a été difficile car le service a perdu deux de ses membres et a subi la crise sanitaire et malgré cela, sans directeur, le service a plutôt bien fonctionné. La période m’a permis de monter en compétence, de faire un peu plus de management, ce qui m’a plu ! J’ai accepté le poste au Département des Hauts-de-Seine pour élargir mes compétences en tant que juriste et ensuite pourquoi pas revenir sur un poste où le management est plus présent. Mais j’avoue avoir eu du mal à quitter le service, dans lequel il y avait beaucoup de bienveillance, beaucoup de travail partagé en l’espace de 3 ans.

 

• Passons à l’actualité. Que pensez-vous de l’avenir des collectivités territoriales ?

Morgane Lebreton Très vaste question, j’ai l’impression d’être au grand oral de fin d’année (rire). Je pense, plus sérieusement qu’avec la crise sanitaire, on se rend compte que l’Etat a la main sur les collectivités mais il leur demande dans le même temps de prendre leurs responsabilités, presque comme à un adolescent, on veut le surveiller mais on aimerait qu’il fasse ses propres choix. On se rend compte également que le Droit des collectivités territoriales bien qu’il devienne de plus en plus complexe, nous aide à comprendre énormément de choses de la vie de tous les jours, sur la vie d’une mairie, d’un département, d’une région, d’une intercommunalité, également.

 

• Toujours dans l’actualité, comment votre collectivité a-t-elle géré la crise sanitaire ? Avez-vous du revoir l’organisation du service, la charge de travail a-t-elle été plus importante ?

Morgane Lebreton Dans mon service (marchés) on s’est retrouvé confiné en mars, pas d’élection municipale, on ne pouvait prévoir l’organisation du travail qu’une semaine sur l’autre. Or, travailler dans une municipalité et plus largement, dans une collectivité, c’est prévoir sur le moyen et long terme.

 

• Pensez-vous que cette période de crise sanitaire va changer les mentalités quant à l’usage du télétravail et plus largement la dématérialisation ?

Morgane Lebreton C’est l’un des seuls avantages de cette crise : l’accès au télétravail. Avant, le fait de ne pas être sur place voulait dire qu’on n’était pas efficace, il fallait contrôler le travail mais la crise a montré même s’il y a eu probablement quelques abus, que les agents travaillaient aussi bien que sur place. S’agissant de la dématérialisation, il y a des évolutions dans notre service. Il est prévu une étape de validation qui faisait que nos DCE, avant d’être publiés, devaient être relus par un autre service, ce qui supposait une impression en trois exemplaires de toutes les pièces de notre marché. Aujourd’hui, la modification se fait sur Word par fichier dématérialisé commun et cela représente déjà un gain de temps incroyable. Un autre exemple de ces évolutions, les réunions dématérialisées, dans notre service, on utilise Skype, ça évite d’avoir à se déplacer à trois endroits différents de Paris, de prendre des transports alors que la présence physique n’est pas absolument nécessaire. Mais je pense que la dématérialisation va prendre beaucoup de temps, il y a encore un côté vieux jeu où l’on veut du papier, on veut de la présence et pourtant, quel gain de temps ! Et on ne s’en rend compte que maintenant.

 

• Aujourd’hui, vous entrez dans une nouvelle collectivité, le Département des Hauts-de-Seine, ce qui est un nouveau challenge. Où vous voyez-vous dans dix ans professionnellement ?

Morgane Lebreton Dans dix ans ? Moi je veux être M. Clot !! Je suis fan, mais ne lui dites pas hein. Plus sérieusement, j’ai pour ambition de passer le concours de conseiller de Tribunal administratif dans deux ans, je m’y vois vraiment. Ou alors Présidente de la République. Mais je pense rester une personne de l’ombre.

 

• Dernière question. Que diriez-vous à un étudiant de L3 pour qu’il vienne dans le Master 2 Droit des collectivités territoriales et politiques publiques ?

Morgane Lebreton Ce Master a l’avantage de couvrir de larges domaines et d’ouvrir de nombreuses portes. Je fais référence aussi aux concours que l’on peut passer par la suite. Autre grande qualité, l’alternance, et on a la chance d’avoir de très bonnes alternances. Après l’année du Master vous avez d’ores et déjà une année d’expérience professionnelle.Par ailleurs, et contrairement à ce que l’on peut croire, lorsque vous sortez de ce Master, l’étudiant peut travailler aussi bien dans le secteur public que privé. Le choix est large.

 

La Faculté de droit CY Cergy Paris Université remercie chaleureusement Mme Morgane LEBRETON pour sa disponibilité ainsi que Mme Olivia Mutiganda et M. Valentin Marguerie pour la réalisation de ce témoignage.


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